Évolution

 

Huile sur toile 


Scéance — C'est une peinture dans la peinture. Une mise en abîme du désir et de l'absence.


Ce que tu vois :


Au premier plan, un intérieur presque vide. Pas de personnage réel, mais des objets qui portent une présence humaine.

1. Le divan rouge : C'est le centre de gravité. Un rouge velouté, charnel, le reste de la pièce a des tons pâles, beiges et lilas. C'est une méridienne à l'ancienne, style Louis XV / boudoir, avec les 4 petits coussins soigneusement posés, comme si on venait de les arranger pour quelqu'un. Elle est vide et il attend le repos, l'intimité, la confidence, la sensualité — bourgeoise. Le fauteuil crée un hors-champ. Il suggère que quelqu'un est assis là, que c'est son point de vue. Tu t'installes dans ce fauteuil et tu regardes le divan.  


Le tableau dans le tableau. Est accroché au-dessus de lui le tableau montrant la femme nue, allongée, vue de dos, les bras tendus vers le bout d'une de ses longues jambes. La touche est plus libre, plus floue que le reste. Le rose de sa peau fait écho au rouge du divan. Tout se joue là. Elle n'est pas sur le divan mais bien sur le mur.


Interprétation

C'est une scène sur le fantasme.


Le divan réel est vide, propre, presque muséal. La femme réelle est absente. Mais son idée est encadrée, accrochée, exposée. Le désir n'est pas vécu dans la pièce, il est représenté, esthétisé — « Miroitisé ».


On peut y lire plusieurs niveaux.

« L'absence et la présence : La peinture parle de quelqu'un qui n'est plus là ou qui n'est jamais venu. Le confort reste, mais le corps manque. Seule son image peinte persiste. » 

Le voyeurisme : La composition te place en position de voyeur. Tu regardes un canapé vide sous ce corps en peinture qui t'est donné à penser offert sur un tapis. La méthode est très classique, à la manière d'un atelier de peintre.  « L'art comme substitut : Le style, une ambiance onirique, mélancolie absente. C'est un intérieur mental. Une chambre du souvenir. Celle du désir. 

Ce n'est plus la peinture d'une femme nue mais celle du manque d'une femme nue. Le rouge hurle, la pièce est pourtant silencieuse.


Et l'homme pense à autre chose, qui le fait sourire malgré lui :


Il pense au coussin jaune sur la méridienne rouge. Celui du milieu. Il est légèrement enfoncé, comme si quelqu'un était venu s'y asseoir. Il se dit que si la fille lâchait enfin son pied, elle pourrait venir s'asseoir pour de vrai, et que lui aurait enfin une raison de se retourner.

Elle dit — et sa voix a le petit craquement de la peinture à l'huile — :


« Je tiens mon pied parce que si je le lâche, je m'envole. Ce jardin de roses derrière moi n'a pas de gravité. Tout est trop rose, trop vert, trop léger, candy. Et si je ne m'accroche pas à quelque chose de solide — mon propre corps — je vais me disperser à l'infini... Comme ce que tu vois dehors... »


Il nous tourne le dos, mais ses épaules immobiles écoutent. Et il entend parfaitement ce qu'elle ne dit pas. Elle, c'est elle. Allongée dans le tableau au-dessus de la méridienne, dans son jardin de roses qui n'en finit plus. Pas pour lui évidemment mais parce qu'elle a choisi de ne plus bouger.


À quoi pense la femme ?


Elle pense : « Ne regarde pas dehors. Le dehors n'existe pas. J'ai mis tout l'extérieur ici, dans le cadre. J'ai pris, comme j'ai pu tout le vert, tout le rose, toutes les teintes fleuries, et je les ai enfermées avec moi. »

#paa26 

MiaPaa26




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Galerie du lion: Le paravent de l'art:   Huile sur toile en trois volets carrés  7x7 cm x 7x7 cm x 7x7 cm Huile sur toile en trois volet...

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