Le parcours de géant


 La scène est un songe suspendu entre deux marées.


Au premier plan, un sol de pierre grise, lisse comme ma mémoire effacée. Plus près, un coquillage solitaire a été déposé — petit oracle nacré, comme si la mer d'or elle-même l'avait oublié sur une terrasse de sable lisse et gris presque un vide. Un canapé vêtu de coussins à motifs nuage bleu pâle, attend, adossé à un tronc.


À gauche, une femme, le dos tourné, regarde plus loin l'eau d'émeraude qui n'est plus tout à fait une piscine mais déjà une jungle liquide, où flotte la baigneuse. Elles se regardent, liées par un même vertige. 

Juste après, une plage de sable blond, puis un océan profond découpant sur la grève de petites vagues en dentelle d'écume blanche.


En bas à droite, sur le canapé d'osier aux coussins de nuages, il est là, l'homme aux cheveux de brume grise, transparent comme du verre soufflé. On voit l'architecture du canapé sous sa chemise et la végétation à travers son visage. Il sourit avec bienveillance et nous regarde, nous, les vivants, comme on regarde un souvenir qui revient.


Et au-dessus, tout s'envole, du voile de mousseline blanche traversant l'image comme un souffle, sur l'océan turquoise au loin se confondant avec le ciel, jusqu'à cette petite île aux palmiers qui flotte au bord du monde.


C'est une maison sans murs où le temps s'est dissous — le passé est assis sur le canapé, le présent est dans l'eau, et l'avenir est ce coquillage au sol qui attend d'être ramassé. 


C'est une peinture à l'huile, un rêve suspendu entre intérieur et ailleurs.


Son regard nous emmène vers le second plan, une jungle basse, luxuriante, peinte en touches épaisses de vert émeraude et de vert d'eau. Deux grandes fleurs d'arum blanc s'ouvrent, fantomatiques, par-dessus.


Au cœur de cette verdure, un étang, toujours dont l'eau claire se confond avec la mer, embrassé par une bande de végétation tropicale dense et luxuriante - grandes feuilles vertes, palmiers qui ouvrent l'horizon d'une plage dorée, une mer de turquoise laiteux au bleu profond, un ciel d'été immense, léger, piqué de nuages. Au loin encore, un petit îlot aux palmiers, comme une promesse vraie.


Et le saisissement d'un long voile de mariée, translucide, traverse toute la toile en diagonale, de gauche à droite. On le devine soulevé par le vent, flottant au-dessus de l'eau sans jamais la toucher, trait d'union, entre l'intime et l'infini. La lumière est douce, mélancolique, immensément paisible.


On a l'impression d'un tableau dans le tableau, d'une mémoire ou d'un désir de mariage au bord du monde.


C'est une scène de villa tropicale de luxe, face à l'océan, en plein jour.


Au premier plan, une terrasse en pierre claire. À droite, un petit canapé en rotin blanc, avec des coussins à motifs nuages bleu pâle. 


Au centre, juste en dessous de la terrasse, l'eau arrive à la poitrine d'une baigneuse.


Au loin, une petite île avec quelques palmiers se détache à l'horizon. Le ciel est bleu clair, avec quelques nuages blancs cotonneux et au fond à gauche, la silhouette violette de montagnes lointaines.


Toute la scène est baignée d'une lumière chaude et douce, avec ce voile d'intimité qui flotte et qui donne une sensation de rêve, de chaleur humide, de vent et d'air. TIaa/HaaMIA26

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Les clés du songe

Galerie du lion: Le paravent de l'art:   Huile sur toile en trois volets carrés  7x7 cm x 7x7 cm x 7x7 cm Huile sur toile en trois volet...

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